• la Suisse veut faire payer aux jeunes leur séjour en cellule de dégrisement

    la Suisse veut faire payer aux jeunes leur séjour en cellule de dégrisement

    En Suisse, le parlement local du Canton de Vaud veut responsabiliser les jeunes habitués aux beuveries en leur faisant payer l’intégralité des frais lorsqu’ils terminent en cellule de dégrisement. Pour les jeunes Suisses adeptes du binge-drinking ,l’addition risque d’être salée: le Grand Conseil du canton de Vaud a adopté mardi une «détermination», soit une recommandation au projet pilote du gouvernement local, demandant le non-remboursement des frais de dégrisement à l’hôpital. Cela pourrait revenir à payer entre 800 et 1600€ la «biture», comme on l’appelle couramment en Suisse, une «somme raisonnable mais dissuasive» selon le député à l’origine de ce projet, Jacques-André Haury. Le projet cible surtout les 18-25 ans, qui le week-end, décident de boire dans un temps record des alcools forts et sont ensuite récupérés dans la rue par la police dans un état d’ébriété très avancé. Sans être médicalement affectés, ni officiellement dépendants à l’alcool, ces jeunes passent alors la nuit sous surveillance médicale pour décuver. Cette proposition fait partie d’un projet pilote du gouvernement local de lutte contre l’alcoolisation des jeunes par l’interdiction de la vente d’alcool aux moins de 16 ans, l’arrêt de la vente d’alcool à partir de 20h et la création d’un centre de dégrisement pour soulager les urgences surchargées du CHU du canton.

    «LA PRÉVENTION A ATTEINT SES LIMITES, IL FAUT MAINTENANT PASSER À LA VITESSE SUPÉRIEURE»
    Le financement de ce centre de dégrisement serait donc «mis principalement à la charge des usagers ou de leur représentant légal», puisqu’ils estiment que l’assurance maladie n’a pas à payer leurs excès de boisson et leur comportement jugé irresponsable. «On ne se biture pas comme on attraperait une maladie ou on glisserait sur le verglas. Il s’agit d’un acte volontaire et décidé» s’est exclamé un député favorable à cette mesure, avant d’ajouter: «La prévention a atteint ses limites, il faut maintenant passer à la vitesse supérieure». En touchant les jeunes au porte-monnaie, les députés suisses du canton de Vaud espèrent une prise de conscience de ces derniers et de leurs parents. Ils réalisent aussi que la question de la responsabilité des patients peut se poser dans de nombreux cas: addiction à la cigarette, obésité ou même face aux risques du ski hors-piste… «C’est un débat qui se pose entre politiciens de droite, qui estiment que ces gens sont responsables de leur état, et politiciens de gauche qui les pensent en tant que victimes avant tout» résume Jacques-André Haury. Par ailleurs, cette mesure a déjà été appliquée à Zurich où les jeunes doivent déjà régler les frais engendrés par leur «biture express». Le gain financier de cette mesure pour l’assurance maladie reste cependant encore difficile à estimer.


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